Texte Libre


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On n’est pas condamne à l’échec, voilà l’chant des combattants
Banlieusard et fier de l’être, j’ai écrit l’hymne des battants
Ceux qui n’font pas toujours ce qu’on attend d’eux
Qui n’disent pas toujours c’que l’on veut entendre d’eux
Parce que la vie est un combat
pour ceux d’en haut comme pour ceux d’en bas
Si tu n’acceptes pas ça c’est que t’es qu un lâche
Ecoute ce morceau, lève toi et marche
C’est 1 pour les miens, arabes et noirs pour la plupart
Et pour mes babtous (blanc), prolétaires et banlieusards
Le 2, ce sera pour ceux qui rêvent d’une France unifiée
Parce qu’à ce jour y’a deux France, qui peut le nier ?
Et moi je serai de la 2eme France, celle de l’insécurité
Des terroristes potentiels, des assistes
C’est c’qu’ils attendent de nous, mais j’ai d’autres projets qu’ils retiennent ça
Je ne suis pas une victime mais un soldat
Regarde moi, j’suis noir et fier de l’être
J’manie la langue de Molière, j’en maîtrise les lettres
Français parce que la France à colonise mes ancêtres
Mais mon esprit est libre et mon Afrique n’a aucune dette
Je suis parti de rien, les pieds entravés
Le système ne m’a rien donné, j’ai du le braver
Depuis la ligne de départ, ils ont piège ma course
Pendant que les keufs me coursaient, eux investissaient en bourse
J’étais sensé échoué, finir écroué
La peau trouée
et si j’en parle la gorge nouée
C’est que j’ai nagé dans des eaux profondes sans bouée
J’ai le ghetto tatoué, dans la peau, j’suis Rebel comme ekoué
Mais l’espoir ne m’a jamais quitté
En attendant des jours meilleurs, j’ai résisté
Et je continue encore
Je suis le capitaine dans le bateau de mes efforts
J’n'attend rien du système, je suis indépendant
J’aspire à être un gagnant donné perdant
Parce qu’on vient de la banlieue, c’est vrai, qu’on a grandi, non
Les yeux dans les bleus mais des bleus dans les yeux
Pourquoi nous dans les ghettos, eux à L’ENA
Nous derrière les barreaux, eux au sénat
Ils défendent leurs intérêts, éludent nos problèmes
Mais une question reste en suspens, qu’a-t-on fait pour nous même ?
Qu’a-t-on fait pour protéger les nôtres
des mêmes erreurs que les nôtres ?
Regarde c’que deviennent nos petits frères
D’abord c’est l’échec scolaire, l’exclusion donc la colère
La violence et les civières, la prison ou le cimetière
On n’est pas condamnés à l’échec
Pour nous c’est dur, mais ça ne doit pas devenir un prétexte
Par honneur pour ce qu’ont accompli nos parents
On n’peut pas baisser les bras
Malgré les déceptions et les dépressions
Suite à la pression, que chacun d’entre nous ressent
Malgré la répression et les oppressions
Les discriminations, puis les arrestations
Malgré les provocations, les incarcérations
Le manque de compréhension, les peurs et les pulsions
Leur désir, de nous maintenir la tête sous l’eau
Transcende ma motivation
Nourrit mon ambition
Il est temps que la 2ème France s’éveille
J’ai envie d’être plus direct, il est temps qu’on fasse de l’oseille (argent)
C’que la France ne nous donne pas on va lui prendre
J’veux pas brûler des voitures, mais en construire, puis en vendre
Si on est livré à nous même, le combat faut qu’on le livre nous même
Il ne suffit pas de chanter, « regarde comme il nous malmène »
Il faut que tu apprennes, que tu comprennes et que t’entreprennes
Avant de crier « c’est pas la peine ! Quoi qu’il advienne, le système nous freine ! »
A toi de voir ! T’es un lâche ou un soldat ?
Brandis l’épée du courage, entreprends et bats toi !
banlieusard et fier de l’être
On n’est pas condamné à l’échec diplômés, éclairés ou paumés
En 4×4 en tromé (metro), gentils ou chantmé (mechant)
La banlieue a trop chômé, je sais c’que la France promet
Mais que c’est un crime contre notre avenir que la France commet
C’est pour les discriminés, souvent incriminées
Les innocents, qu’ils traînent comme de vrais criminels
On a l’image des prédateurs, mais on est que des proies
Capables mais coupables et exclus de l’emploie
Si j’rugis comme un lion c’est qu’j'compte pas m’laisser faire
J’suis pas un mendiant, j’suis venu prendre c’qu’ils m’ont promis hier
Même s’il me faut 2 fois plus de courage, 2 fois plus de rage
Car y’a 2 fois plus d’obstacles et 2 fois moins d’avantage
Et alors ?! Ma victoire aura 2 fois plus de goût
Avant d’pouvoir la savourer, j’prendrai 2 fois plus de coups
Les pièges sont nombreux, il faut qu’j’sois 2 fois plus attentif
2 fois plus qualifié et 2 fois plus motivé
Si t’aimes pleurer sur ton sort, reste pas à côté d’moi
J’te l répète, je n’suis pas une victime et un soldat
Banlieusard et fier de l’être
On n’est pas condamné à l’échec !
On est condamné à réussir
A franchir les barrières, construire des carrières
Regarde c’qu’ont accompli nos parents
C’qu’ils ont subi pour qu’on accède à l’éducation
Ou serai t-on sans leurs sacrifices ?
Comme Mahmoud pour Thays…..
Bien sur que me travail a du mérite
O combien j’admire nos pères
Manutentionnaire mais fiers
Si on gâche tout est le respect ?
Si on échoué ou est le progrès ?
Chaque fils d’immigré é est en mission
Chaque fils de pauvres doit avoir de l’ambition
Tu peux pas laisser, s’évaporer tes rêves en fumée
Dans un hall enfumé
A fumer des substances qui brisent ta volonté
Anesthésient tes désir et noient tes capacités
On vaut mieux que ça !
Rien n’arrête pas un banlieusard qui se bat
On est jeunes, forts et nos sœurs sont belles
Immense est le talent qu’elles portent en elle
Ce texte je vous le devais
Même si j’l'écris le cœur serré
Et si tu pleures, pleure des larmes de détermination
Car ceci n’est pas une plainte, c’est une révolution !
Vois tu des faibles ici ?
Je ne vois que des hommes qui portent le glaive ici
Banlieusards et fiers de l etre
On est pas condamnes a l echec !
La Chine fait les frais de sa propagande tous azimuts et subit un
retour de flamme sans concession, violent de la part des fers de lance des droits de l’homme comme Amnesty, Reporter sans frontières et une coalition de graphistes qui ont su utiliser
à bon escient les médias internet pour provoquer une résonance graphique cacophonique qui entache et salit les symboles
des jeux Olympiques chinois.
Le but étant, à bon chat bon rat, d’éviter que la Chine ne tire un profit politique de la célébration des jeux Olympiques en tentant de recentrer l’attention internationale sur les nombreux manquements du régime chinois au respect des droits de l’homme. Mission réussie et sans effusion de sang !
Des protagonistes qui ouvrent le feu sur les symboles olympiques de la Chine ?
En plus des habituels groupes contestataires comme Amnesty ou Reporter sans frontières, des particuliers vont appuyer leur combat grâce à une forte présence active sur internet, par le biais de
sites internationaux comme MySpace, Facebook, YouTube et surtout sur le portail de photos Flickr ; sans compter toute une panoplie de gadgets, de podcasts, blogs et autres formes de média
web - véritables armes de persuasion et de subversion rapides, gratuites et redoutables.
Le Darfour, la Birmanie, l’environnement, les droits des travailleurs, les droits des animaux, la peine de mort, la presse, la crise économique y compris les inconvénients liés à l’externalisation des entreprises ou le choix de nouvelles compétences professionnelles en Chine (entreprises off-shore et nearshore en anglais) sont autant de facteurs, de thèmes fédérateurs qui passionnent les internautes.
Un logo mis à feu et à sang
Avant le 8 août, on s’attendait à voir les symboles des Jeux - en particulier celui de la flamme olympique soumise à une attaque tous azimuts.
Avant que ne démarre le relais de la torche, avant la première levée de bouclier qui a émaillé le passage de la flamme
olympique de Londres et de Paris, c’est le logo des jeux Olympiques de Beijing qui a souffert, à grand renfort de logiciels d’images, d’actes de subversion sans nombre transformant l’emblème
officiel des Jeux de Beijing en une mare de sang symbolisant la répression du régime chinois.
Alors que les politiciens, sportifs et membres du CIO critiquent le régime chinois à fleuret moucheté, une armée de graphistes
tout feu tout flamme en font voir trente-six chandelles au pauvre logo chinois. La cacophonie des activistes sur le net est si importante qu’il devient difficile en tapant “jeux Olympiques de
Pékin” sur images.google.fr ou sur Flickr de ne pas tomber sur un logo étriqué, défiguré, criblé de balle ou face à un char d’assaut.
Un logo qui partait pourtant d’un bon principe d’espoir
L’emblème officiel des Jeux est appelé Sceau chinois, la danse de Beijing. Il représente dans un sceau rouge la stylisation de l’idéogramme chinois京 ing, de Beijing.
Le site officiel des Jeux stipule que l’emblème figurant un personnage troué est censé signifier l’hospitalité et les espoirs dont est garante la ville de Beijing ; hélas, au grand désespoir des organisateurs des JO chinois, le symbole pourtant très noble n’a pas fait long feu en Europe. Les graphistes n’ont pas attendu pour défaire le logo de Beijing.
Le plus célèbre d’entre eux a réalisé une planche, mettant en scène un condamné sous le feu d’un peloton d’exécution. Le cadavre sert de pochoir sanglant pour imprégner le mur de sa silhouette. Le symbole chinois y a perdu toute sa substance pacifique et d’espoir ! Impossible, à présent, d’entrevoir ce logo sans se remémorer les signifiants liés à l’exécution, à la mort, au sang et à la violence.
Un autre graphiste
français, Sergenry, assimile le logo au tracé à la craie de la scène d’un crime (crime scene chalk, en anglais). Le slogan implicitement nous désigne le cadavre de l’Esprit des jeux
Olympiques.
Sur le site de Playfair2008, les graphistes assimilent la mascotte chinoise à la sous-traitance surexploitée des ouvrières chinoises. Le mot d’ordre insiste sur le droit des travailleuses : No Medal for the Olympics on Labour Right ("Pas de médaille pour les jeux Olympiques sans les droits des travailleurs").
Toujours sur le thème de la médaille, le groupe World Coalition qui rassemble tous les acteurs engagés pour l’abolition universelle de la peine capitale, associe la médaille d’or au succès édifiant du nombre de peines capitales en Chine. Le slogan Some records must be broken ("Certains records ne sont pas à battre ; pour l’affiche française").
Mais alors, a-t-on tué l’esprit
olympique ?
Tous les acteurs de tous bords cherchent des coupables au crime de lèse-majesté commis contre la flamme olympique de Paris. Untel citera les Chinois, un autre les pro-Tibétains, un tel autre les
activistes des droits de l’homme, mais rarement on a pointé du doigt les membres du CIO.
Pour ma part, je pense que les premiers coupables sont les organisateurs du CIO pour ne pas avoir respecté l’article 2 de la
charte olympique dont je vous soumets un extrait :
"Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine." Cette
simple phrase aurait dû suffire à écarter la candidature de la Chine.
L’esprit des jeux olympiques est mort pour cette année 2008, mais tel un phénix qui a péri sous les flammes, il renaîtra on ne peut mieux en 2012, et vous pouvez en être sur, les organisateurs ne joueront plus avec le feu olympique lorsqu’il s’agira de désigner le prochain pays organisateur des JO.
Serge-Henri Bouvet (Tokyo)L'information a été dévoilée par la télévision publique SVT1, la semaine dernière, dans un documentaire diffusé dans l'émission d'investigation Uppdrag Granskning. Elle a depuis été, selon un des riverains de Rue89 vivant en Suède, "relayée par tous les grands médias, à commencer par Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet, les deux grands journaux".
Roué de coups et étranglé
Artémis était le nom d'une l'intervention dans la province d'Ituri, la première opération militaire de stabilisation menée par
l'Union européenne en dehors de ses frontières. La région était en proie à des massacres entre miliciens de plusieurs groupes rivaux, accompagnés d'exactions sur la population civile. La force
européenne avait pour mission de stabiliser la situation, d'améliorer la situation humanitaire, de protéger l’aéroport et les camps de réfugiés de Bunia et, si la situation l’exigeait, d'assurer
la sécurité de la population civile et du personnel des Nations unies et des organisations humanitaires dans la ville. Dix-huit nations participaient à Artémis; la France avait pris la direction
des opérations.
Le documentaire, "Le Destin de Joseph" (lire son résumé en français), réalisé par trois journalistes, présente plusieurs militaires qui dénoncent la passivité de leurs supérieurs face aux violences françaises. Les soldats, anonymes, ne sont pas identifiables à l'écran. L'officier suédois mis en cause a affirmé depuis avoir été prévenu trop tard de ce qui se passait.
"Il arrive encore que je me réveille les nuits en entendant les cris. C´était comme si on étranglait un chat, personne dans le camp pouvait éviter de l´entendre. Celui qui dit qu'il n'a pas entendu parler de ça, il ment."
A minuit, le prisonnier aurait été emmené dans une Jeep, cagoulé. L'équipe de télévision n'a pas pu le retrouver. Ils ont juste
un prénom, Joseph.
Un soldat suédois craint que les Français ne l'aient relâché dans le camp de ses adversaires.
Témoignages contradictoires
L'état-major français a été informé par les suédois de ces accusations l'an dernier, après une plainte déposée en mai. Depuis, des enquêtes préliminaires ont été conduites tant en France qu'en Suède. Les enquêteurs suédois estiment aujourd'hui qu'il est "hautement probable" que les témoignages accusateurs soient solides, et que des méthodes "assimilables à la torture" aient été utilisées. Le porte-parole du ministère suédois de la Défense, Roger Magneraad, a publiquement accusé les soldats français d'avoir "utilisé des méthodes s'apparentant à la torture". Mais on est beaucoup plus prudent en France.
Les autorités françaises reconnaissent qu'un incident a eu lieu, après qu'un congolais se fut introduit une nuit dans le camp militaire. Mais pour le reste, motus. "Nous avons comparé les résultats des enquêtes ces dernières semaines, et nous avons constaté de nombreux éléments contradictoires", commente-t-on au ministère de la Défense.
Les témoignages recueillis divergent "sur les conditions de détention du prisonnier congolais" et notamment sur l'attitude des militaires français. " Il y a des trucs qui ne collent pas, et le général Jean-Louis Georgelin [chef d'état-major français des armées, ndlr], a donc ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie" . Une enquête annoncée par un communiqué le 2 avril, confiée à l'inspection des forces en opérations et de la défense du territoire" et qui, compte tenu des divergences, pourrait durer "assez longtemps".
Elle avait 33 ans. Artiste conceptuelle milanaise, elle s'était embarquée dans un projet insensé qui a tourné au drame: Giuseppina Pasqualino di Marineo a été retrouvée morte en Turquie, violée et assassinée. La police a arrêté son meurtrier présumé, un Turc qui l'avait prise en autostop dans la ville industrielle de Gebze, à une heure de route d'Istanbul.
La jeune femme, plus connue sous le nom de Pippa Bacca, était partie avec une amie, toutes deux vêtues d'une robe de mariée, pour traverser les zones de conflit des Balkans et du Proche-Orient, afin de démontrer les valeurs communes de la Méditerranée, et de donner un signe de "confiance entre êtres humains". Elles devaient se rendre en autostop de Milan à Jérusalem, en passant par les pays de l'ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie, la Palestine et Israël.
Pour ce projet intitulé "Brides on Tour", elles devaient porter la même robe blanche du début à la fin, et celle-ci, avec toutes les tâches de ce long périple, devait figurer au coeur d'une exposition à leur retour en Italie, avec toute la documentation filmée et écrite de ce voyage symbolique. Pippa Bacca portait effectivement cette robe lorsque son corps a été retrouvé vendredi près de Gebze, étranglée.
Les deux jeunes femmes s'étaient séparées à Istanbul et Silvia Moro devait la retrouver au Liban. Mais Pippa Bacca a cessé de donner tout signe de vie il y a une dizaine de jours, suscitant des appels angoissés ("Pippa Bacca dove sei?" "Pippa Bacca, où es tu?") de ses amis sur le blog du projet, en italien, en anglais et en turc. En vain. "L'attente se termine en tragédie", indique le blog samedi, soulignant que le but de Pippa Bacca avait été de porter un "message de paix et de solidarité", mais se terminait d'une manière "aussi terrible qu'absurde".
Sa famille et ses amis ont décidé d'organiser malgré tout l'exposition autour de cette robe de mariée maculée. Mais le symbole sera différent, celui de la défiance entre êtres humains. Et peut-être aussi des limites de l'art face à l'horreur humaine.
A la sortie d'autoroute Perpignan-Nord, un panneau indique "Camp de Rivesaltes site du mémorial". Une pancarte arrachée de haute lutte à la direction départementale de l'équipement pour indiquer, parmi les destinations touristiques, l'emplacement d'un trou noir. Quelques centaines de mètres plus loin, des ruines émergent d'une végétation touffue, entre des entrepôts qui grignotent l'emprise de l'ancien camp Joffre, théâtre d'un camp d'internement de sinistre mémoire.
Le conseil général des Pyrénées-Orientales a racheté à l'armée l'îlot F, un petit morceau de cet immense territoire de 300 hectares. Sur 42 hectares s'alignent encore les squelettes de dizaines de baraques construites à la fin des années 1930.
C'est ici que doit être créé un mémorial, destiné aussi à réveiller les souvenirs de la population locale. "On sait qu'il s'est passé des choses ici, mais les questions restaient sans réponses il y a encore quelques années. C'est un passé qu'on n'aime pas trop évoquer", commente Marianne Petit, ancienne directrice de la culture au conseil général. Plus de quatre-vingt mille personnes ont été internées au camp de Rivesaltes, et beaucoup y sont mortes de froid et de faim. "La plupart n'étaient pas retenues pour ce qu'elles avaient fait, mais en vertu du danger potentiel qu'elles représentaient pour la société, aux yeux de l'Etat", poursuit Mme Petit.
Dès 1939, les militaires laissent la place à des républicains espagnols chassés par les troupes de Franco, puis en 1941 et 1942, à des juifs, souvent étrangers, en "transit" vers les camps de concentration. Suivent des Tziganes, puis des prisonniers allemands et des collaborateurs après la Libération. Des harkis rapatriés y sont cantonnés à partir de 1962, dont les derniers quittent le camp dans les années 1970.
Selon les époques, prisonniers ou assignés à résidence fournirent une main-d'oeuvre très bon marché à des agriculteurs ou à des industriels de la région. Encore récemment, jusqu'à un millier de sans-papiers séjournaient chaque année dans le centre de rétention administrative entouré de barbelés. Il a été déplacé il y a quelques mois.
En 1997, les derniers vestiges de cette histoire faillirent disparaître et les "indésirables" tomber dans l'oubli : Christian Bourquin, élu en 1998 président (PS) du conseil général, raconte qu'il ne manquait que sa signature sur l'ordre de raser le camp. Dans quelques semaines sera déposé un nouveau permis de construire sur cette zone morte. Il aura fallu une pétition, signée par Simone Veil, Edgar Morin, Claude Simon et bien d'autres, et dix ans de mobilisation politique et citoyenne pour qu'un projet émerge.
Le musée-mémorial de 3 000 m2 dessiné par l'architecte Rudy Ricciotti n'a pas eu de mal à convaincre le jury du concours international lancé en 2005. Fiché dans le sol comme une écharde dans les consciences, son bâtiment, un monolithe de béton, est pratiquement enterré. Vue de face, cette grande dalle, ou faut-il y voir une stèle, entre en résonance avec le sol usé des baraques, à quelques mètres.
Le contenu muséographique est encore en permanente évolution, sans cesse augmenté des témoignages recueillis dans toute l'Europe et de l'exploration d'une histoire encore peu connue. Il a été confié à Denis Peschanski, directeur de recherches au CNRS, dont la thèse publiée en 2002 porte sur l'internement en France entre 1938 et 1946, et à Lydia Elhadad, scénographe de la Cité de l'immigration à Paris.
"Toute la difficulté consiste à raconter l'histoire de tous sans tenter de savoir quelle communauté a le plus souffert ou réserver à chacune un quota de mètres carrés dans le musée", expliquent les membres du comité scientifique. Faut-il cristalliser des baraques ? Les reconstituer ? Comment définir un parcours dans un lieu aussi vaste ? Il manque encore des réponses pour raconter l'histoire du camp de Rivesaltes tout en s'interrogeant sur une notion très contemporaine, l'internement.
Ces dix ans de réflexion ont en tout cas fait revivre le lieu, bien avant l'ouverture du musée, prévue pour 2010 au plus tôt, après avoir été d'abord annoncée pour 2008. Le camp de Rivesaltes est désormais inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, seule contribution à ce jour de l'Etat à un projet de 18 millions d'euros financé par les collectivités locales, l'Europe et des associations. Un parking y est aménagé, des panneaux retracent son histoire en français, en espagnol, en anglais et en allemand, bientôt en hébreu.
Depuis la première ouverture au public en 2005, les Journées du patrimoine y attirent 4 500 personnes chaque année. Deux professeurs sont détachés par l'éducation nationale pour animer des ateliers pédagogiques, y amener des élèves de collège, leur faire rencontrer des survivants des différentes communautés. L'îlot F sert parfois de décor à des spectacles de danse contemporaine, des installations d'artistes ou de photographes, "à condition qu'ils aient un rapport avec l'histoire, évidemment", explique Mme Petit, devenue directrice du projet.
Alors que le Mémorial du camp de Royallieu, à Compiègne, a été inauguré le 23 février et que des projets similaires sont en préparation aux camps de Drancy, de Gurs et des Milles, le conseil général des Pyrénées-Orientales ne perd pas de vue les retombées touristiques et économiques qu'un tel projet peut apporter à un département traversé par quatre millions de visiteurs chaque année. La proximité de Perpignan, d'une autoroute, d'un aéroport, de la frontière espagnole et de Barcelone font partie des clés de son succès. Et des arguments que la collectivité commence à mettre en avant. L'hommage aux disparus peut aussi servir le marketing territorial.
Catherine SabbahPour prendre en compte toutes les sensibilités, plusieurs médias américains, comme CNN, ont recruté des intervenants issus des minorités. Mais, sur MSNBC, Chris Matthews continue avec des remarques comme celle-ci : "Ceci devient très ethnique, mais le fait que Barack Obama soit bon au basket-ball ne surprend personne, alors que le fait qu'il soit aussi mauvais au bowling vous fait vous interroger." Dans une société encore très compartimentée, la presse a de fait tendance à figer des attitudes plus fluctuantes qu'il n'y paraît. Les clivages en sortent renforcés : "Latinos" contre "Blacks", hommes contre femmes, basket contre bowling, buveurs de bière contre buveurs de vin, etc.
Comment couvrir les dérapages. Qu'est-ce qui est "raciste" ? Sur quel thermomètre mesurer l'indignation ? "Les mots sont constamment surinterprétés ou sortis de leur contexte. Leur signification et leur impact changent en fonction de celui qui parle et de celui qui l'écoute", dit encore Mme Givhan.
Quand Géraldine Ferraro, une proche d'Hillary Clinton, rivale de M. Obama pour l'investiture démocrate à l'élection présidentielle américaine, a déclaré que ce dernier, qui n'a que trois ans d'expérience au Sénat, ne serait pas là où il est "s'il était blanc", la presse s'est indignée. Ce commentaire a alors été perçu comme une manière de diminuer les mérites de Barack Obama, en portant sa réussite au compte de l'affirmative action.
"Cette indignation avait-elle vraiment raison d'être ?", interroge pourtant Mme Givhan. Selon elle, en effet, Geraldine Ferraro n'a fait qu'observer "que nous n'avons pas tant "transcendé" la race que nous ne nous en sommes épris".
Mais quand Claire McCaskill, cette fois une proche de M. Obama, a estimé que le candidat était "le premier responsable noir à se présenter devant les Américains non pas comme une victime mais comme un leader", il n'y a pas eu de polémique puisqu'elle était censée lui faire un compliment... Il est revenu aux médias "noirs" de s'indigner seuls de cette "perle", selon l'expression du professeur Darren Hutchinson, qui écrit sur le site Internet BlackProf.com.
Barack Obama a quant à lui affronté sa première tornade médiatique mi-mars à propos de son pasteur, Jeremiah Wright. Les déclarations enflammées de celui-ci étaient pourtant déjà connues. Les cercles républicains notamment en parlaient depuis des mois. L'agence Religion News Service avait ainsi évoqué la controverse dès 2005. Les principaux médias ne s'y étaient que peu intéressés. Soudain, le 12 mars, les chaînes câblées ont commencé à diffuser des extraits qui se trouvaient sur YouTube, sur le site de l'Eglise elle-même. La polémique, qui n'avait pas pris pendant les mois précédents, a finalement éclaté.
Pourquoi à ce moment-là ? Les lecteurs du Washington Post ont posé la question à la médiatrice du journal, Deborah Howell. Celle-ci n'a pas trouvé de réponse. La journaliste chargée des affaires religieuses avait suggéré à deux reprises d'écrire un article sur l'Eglise de M. Obama, la Trinity United Church of Christ, mais ses éditeurs n'y avaient "rien vu de neuf", a-t-elle expliqué.
Après des mois de bataille, les nerfs sont à vif. Début mars, des blogueurs ont ainsi accusé la campagne Clinton d'avoir "foncé" la peau de Barack Obama dans une vidéo utilisée dans une de ses publicités. Le Centre de la fondation Annenberg pour les politiques publiques a comparé les vidéos sur différents supports et n'a pas conclu au racisme. Tous les visages dans la publicité avaient été foncés, pas seulement celui de M. Obama, ce qui est apparemment "une technique courante dans les publicités d'attaque".
L'émission "Saturday Night Live" a aussi été soupçonnée d'arrière-pensées lorsqu'elle a utilisé un comédien "blanc" pour personnifier M. Obama dans l'un de ses sketches satiriques. Le responsable du casting a tenté d'expliquer que l'unique comédien noir de l'émission était tout simplement trop corpulent pour être convaincant dans le rôle du jeune sénateur. Les origines des participants de l'émission ont fini par être expliquées en détail (le comédien "blanc" qui joue M. Obama est en fait à moitié asiatique, a-t-on appris.)
Même un expert en langage "post-racial" comme M. Obama a fini par être surpris à généraliser. A propos de sa grand-mère, il a ainsi parlé de "personne blanche typique". Devant les critiques, son porte-parole a dû rectifier : M. Obama voulait en fait parler des personnes "typiques de sa génération".
Corine LesnesCe dernier s'est aussi fondé sur une étude réalisée par Scott Reinardy, professeur à Ball State University, sur la crise du journalisme. Cette étude montre, entre autres, que 31 % des jeunes journalistes (34 ans ou moins) souhaitent quitter la profession. Le chiffre atteint 1 sur 4 dans la tranche des 35-48 ans.
Depuis le 10 février, 3 839 commentaires ont été postés anonymement sur angryjournalist.com. Les griefs sont nombreux : charge de travail accrue, dégradation des conditions de travail, etc.
AUTOCENSURE
Nombre de journalistes regrettent surtout une baisse de la qualité et de la rigueur. La faute selon eux à des rédactions contraintes de réduire leurs effectifs. Autre grief : "Je regrette que le journalisme d'investigation soit mort parce que les actionnaires des journaux ont peur d'être poursuivis ou, pire, parce qu'ils ont peur de perde leurs annonceurs. Les journaux auraient-ils perdu leur rôle de chien de garde ?", s'interroge ainsi un contributeur.
D'autres dénoncent les pressions, l'autocensure et une dérive sensationnaliste au détriment d'informations plus sérieuses.
Plus curieusement, les critiques portent aussi sur Internet, qui a forcé les journaux et chaînes de télévision à se réinventer, en trouvant même de nouveaux modèles économiques, avec des conséquences douloureuses pour leurs employés. "Au diable la qualité, on nous demande simplement du remplissage sur les sites Internet", indique un autre "journaliste en colère". D'autres, plus jeunes, critiquent la résistance au changement de certains.
Le site a inspiré un imitateur, happyjournalist.com, lancé le 2 mars. Mais celui-ci n'a recueilli que... 97 commentaires.
M. Martinez estime que c'est "le dialogue qui est nécessaire et qu'il n'y aura pas de vainqueurs ou de perdants dans ce débat. Personne n'a encore trouvé la solution idéale pour cette transition vers le Net", estime-t-il, cité par l'AFP. En attendant, il oeuvre comme porte-parole du Sénat de l'Illinois.
Tolérance britannique. Baptisé Mosquito ("moustique"), ce système a été mis au point par un ancien ingénieur britannique qui souhaitait mettre fin au harcèlement de sa fille par des jeunes gens. Plus de 3 500 boîtiers, vendus 495 livres la pièce (617 euros), ont été installés par des commerçants, la police, les municipalités, les opérateurs de trains, voire des particuliers, pour éviter les attroupements d'adolescents.
Le développement de ce répulsif a provoqué une vive polémique en février. Le commissaire à l'enfance, Al Aynsley-Green, a demandé l'interdiction de ces boîtiers "qui diabolisent les adolescents, peuvent pénaliser des innocents et portent atteinte aux droits de l'homme". La ministre de l'intérieur, Jacqui Smith, a défendu cette initiative au nom du combat contre les comportements antisociaux : "Nous soutiendrons toujours ceux qui respectent la loi, au détriment des bandes de voyous", a-t-elle affirmé.
Enquête aux Pays-Bas. Quelque 300 Mosquito (900 euros pièce) sont installés dans une soixantaine de municipalités des Pays-Bas. Les villes de Rotterdam, Nimègue et Utrecht affirment que leur utilisation aurait fait baisser la délinquance.
Au mois de février, des parlementaires ont interpellé le ministre de la jeunesse et de la famille, André Rouvoet. Ce dernier s'est interrogé sur la légalité d'une pratique qui pourrait contrevenir aux dispositions constitutionnelles sur le respect de la vie privée et de l'intégrité physique. Il a diligenté une enquête sur les avantages et les inconvénients du système, ainsi que sur ses effets éventuels sur la santé.
Pétition en Belgique. Un cas a défrayé la chronique en Belgique. Le gérant d'une banque d'Aywaille, en Wallonie, avait installé un Mosquito. Après des plaintes de parents dont les enfants souffraient de migraines, les autorités municipales ont ordonné l'enlèvement de l'appareil. Dans la foulée, des élus flamands d'Anvers ont envisagé l'installation de ces dispositifs avant d'y renoncer. De son côté, le ministre francophone de la jeunesse, Marc Tarabella, a demandé la saisine de la Commission européenne, conformément à la procédure "Ratex", qui permet de faire interdire un produit lorsque sa sécurité est douteuse.
La Commission a fait savoir qu'elle n'entendait pas intervenir. Au niveau fédéral, le ministre de l'intérieur a estimé que ce type d'appareils n'offrait pas "une solution correcte". Territoires de la mémoire, une association qui lutte contre les exclusions, a lancé une pétition contre le Mosquito, qui a recueilli 10 000 signatures.
Critiques françaises. Le marché français reste balbutiant. Selon le fabricant, une quarantaine d'appareils seulement ont été vendus en France depuis le lancement de la version française, commercialisée sous le nom de Beethoven (905 euros l'unité). La plupart des clients seraient de petites copropriétés désireuses de limiter des nuisances dues à des groupes de jeunes gens. "Depuis qu'il y a eu des débats sur le sujet, nous avons beaucoup plus de demandes qu'auparavant", note un porte-parole de la compagnie anglaise.
Le gouvernement français a critiqué ce dispositif. "Je souhaite qu'il soit purement et simplement interdit, quelle que soit la forme juridique que cela prenne", a affirmé Roselyne Bachelot, ministre de la santé. Le ministère du logement a aussi condamné le recours à ce matériel. "Nous travaillons pour essayer de mesurer l'ampleur du phénomène et identifier les organismes qui auraient passé commande, mais le recensement est compliqué", explique l'entourage de la ministre, Christine Boutin, sans envisager pour l'instant une éventuelle réglementation.
Luc Bronner, Marc Roche (à Londres) et Jean-Pierre Stroobants (à Bruxelles)
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